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08 octobre 2006

Cette semaine, à l'affiche de Cinepoury...


... un film qui n'appartiendra jamais aux grandes oeuvres du cinéma français :



Inutile de vous faire languir, je vais être claire et concise : ce film est une daube. Ca aurait pu donner quelque chose mais, HAHA, non ça n'a pas pu.

Pourquoi qu'j'en parle ? C'est parce que ce film a été fait dans les règles de l'art daubesque, à savoir qu'en plus d'être mauvais, il se prend au sérieux (note pour plus tard : je peux désormais proposer un top 3 des films ratés-mais-qui-se-la-pètent-en-plus. Cf Les chevalier du ciel et La boîte noire en post du 23 avril).

L'enfer... C'est quoi donc son problème ? Probablement une esthétique lourde, caractérisée par des plans arrogants et des effets de style marqués... une forme, en somme, qui nous crie sa présence, qui nous crie son ingéniosité et qui nous recrie qu'elle en jette. Rien de bien méchant jusque là, pourtant : quel film n'aurait pas le droit de se dandiner vaniteusement et de faire le beau ?

Ouais, sauf que dans le cas présent, vous l'aurez compris (si vous suivez, évidemment), bah ça marche pas. La raison me semble assez simple : empaqueter son film comme un oeuf de Pâques alors que le fond n'est pas à la hauteur, que le sujet est mal traité ou que la mise en scène laisse à désirer, ben ça craint du boudin, Germain.

A noter aussi, quelques détails qui jurent. Notamment une Carole Bouquet vieillie qui évoque d'avantage ceci (et je n'exagère pas, je vous assure)...


...plutôt qu'une sextagénaire dont on a tenu à bien montrer qu'elle est profondément grave, profondément sombre, profondément muette, bref, profondément quoi. Etrange par ailleurs : impossible, sur le net, de trouver une seule photo du film où l'on voit la belle dame en mémé. Mais pas si étonnant quand on sait que les maquilleurs travaillent aussi, et sûrement, avec le Père Fourasse. Des détails, disais-je, car à ce niveau-là de la compétition, on en est plus à un trouble près.

Le pire, c'est que tout n'est pas mauvais. Les comédiens se défendent bien, l'histoire suscite un certain intérêt et quelques scènes m'ont faite flipper. Mais ça ne suffit pas pour rattraper... à peu près tout le reste. Et là, j'ai envie de dire : Chié ! C'est vrai quoi, j'y ai cru presque jusqu'au bout et tout, même que j'avais lu les critiques qui le défigurent, le film, mais non, j'ai voulu alors j'ai vu.

J'ai donc commencé par me dire que je regardais un navet mou et français(1), avant de conclure, agacée, que ce film, d'où qu'il vienne, m'a baffouée de son narcissisme mal contenu. Que voulez-vous, parfois la magie s'opére et sans qu'on puisse vraiment la voir venir, -wouah, que d'émotions- une daube voit le jour.

Pour conclure, je voudrais tout de même signaler que le réalisateur n'a pas tout loupé. Non. On sent bien sa touche perso dans ce soi-disant drame, qui, comme toute daube qui se respecte, trouve son apogée à la note finale.

Voilà, ben j'crois que j'ai tout dit. Evidemment, si vous l'avez vu, vos commentaires sont les bienvenus...

Allez, pour finir et pour rappeler que si la critique est aisée, l'Art, lui, est vraiment difficile, voici une blague Carambar (ouais, j'avais envie...). Donc voilà *hum hum* :

-Je suis inquiet, je vois des points noirs.
-Tu as vu l'occuliste ?
-Non, des points noirs !


Bises et bon week-end...


1 : il n'y a pas de relation de cause à effet mais j'aime bien évoquer le pays natal du navet, car le navet n'est pas que mauvais, il est culturel aussi.


23 avril 2006

La daube de la semaine

Il y a des films qui me touchent en profondeur, d'autres qui me divertissent avec plus ou moins d'efficacité, d'autres encore dont le sujet me laisse parfois perplexe...

Et puis il y a les films qui m'énervent. C'est dans cette catégorie que je range ce qu'on appelle communément les daubes. Je tiens à préciser quand même que je suis bon public ; je suis rarement gavée par un film.

Manque de bol pour l'exception culturelle de notre beau pays, les deux daubes que j'ai vu ces derniers jours sont françaises.

La semaine dernière, avec hésitation mais tout de même un peu d'espoir, j'ai visionné Les chevaliers du ciel de Gérard Pirès (Taxi). Je ne m'étendrai pas sur ce film dont le casting était tout de même prometteur (Benoit Magimel et Clovis Cornillac). Je serai simplement concise : c'est une belle daube, dans les règles de l'art.

Et comme un mauvais film n'arrive jamais seul, je vous présente cette semaine le dernier film de Richard Berry :


LA BOITE NOIRE


Le point commun avec Les chevaliers du ciel, c'est le casting qui semble correct : José Garcia, Marion Cotillard et Bernard Le Coq.

Comment un film peut-il devenir énervant ? C'est très simple :

Vous mettez dans la marmite un scénario boiteux (pourtant tiré d'un livre) et vous l'épicez de dialogues aussi pertinents que ceux d'Hélène et les Garçons, mais sans l'humour. Vous faîtes revenir tout ça dans une mise en scène qui ne se contente pas d'être ratée puisqu'elle tient aussi, de temps en temps, à friser le ridicule. Vous recouvrez de plans arrogants : entre Besson et Pires mais version intimiste-suspens avec des filtres de couleur à la Jeunet (pour faire plus "ambiance" mais ça marche pas quand même).

Le résultat, tiens donc, quelle surprise, se liquéfie au fur et à mesure de l'heure et demie de film.
J'ai presque failli avoir peur mais c'est parce que la maquilleuse s'est lachée avec ferveur sur les comédiennes.

Certains passages ont le mérite de susciter une once de mystère mais la globalité du travail (merci Richard Berry ?) écrase le peu d'intérêt que ce film peut vous apporter. Et pour répondre plus directement à la question posée en début de sujet, ce film m'énerve parce qu'il se la joue grave dans la forme, pour un sujet de fond mal développé et mal conclu ; oui, parce que la cerise sur le gâteau, celle qui vous confirme définitivement que ce film est une daube, c'est le dénouement de l'histoire... mais je ne vous en dis pas plus.

Alors, on est bien d'accord, ce n'est que mon point de vue. Je vous invite donc, si vous vous intéressez au cinéma français comme moi, à louer ce film (trouvez les tarifs avantageux, quand même, hein) pour venir apporter votre avis sur la question.

Pour finir sur une note positive, le dernier film de Dupontel n'est pas le film de l'année mais il vaut sa place de cinéma... enfin le tarif du matin...

Bon dimanche à vous,

Natou mordante qui s'improvise apprenti-critique du cinéma français (bah vi, c'est plus facile, quand même !)