Résumé : alors comme ça, tu es revenu, l'ami ? Lost City ne t'a toujours pas fait fuir ? Ta curiosité, sais-tu, pourrait bien te nuire... Mais SOIT. Cale-toi bien dans ton siège, respire profondément et ouvre grand les yeux : je t'emmène avec moi hors de la réalité, dans un monde déchu qui subsiste, une cité abandonnée où l'homme est un loup pour l'homme... et surtout pour la femme (1). Ici, les règles sont différentes de celles de la vraie vie. Toi, stagiaire, tu ne pourras ni entrer, ni sortir de la ville après 22h30. Et toi, femme de ménage, il te faudra suivre un entraînement intensif avant de nettoyer les toilettes collectifs. Tu l'auras compris, étranger : qui que tu sois, réfléchis à deux fois avant de franchir les portes de
LOST CITY
(la cité perdue de la peur qui est vraiment perdue et qui fait vraiment un peu peur)
8ème jour : le ciel se couvre
Après un week-end en [enfer] famille, je suis de retour à Lost City et ça ne me déplaît pas. Ici, tu es seul... et c'est bien aussi. Toutefois, un pressentiment néfaste de mauvaise augure qui fait office de présage inquiétant (moi, je redonde ? Pfff) s'immisce lentement dans mon esprit : je la sens mal, la semaine qui vient... L'instinct animal avait déjà pris le dessus sur l'être raisonné, un peu plus tôt dans la journée, lorsque je dût choisir la musique à emporter pour la semaine : Bjork, Andrew Bird et Thom Yorke. Du pas vraiment gai. L'appel du coeur, maybe.
9ème jour : il commence à faire froid
Une nouvelle arrivante dans notre section. Je suis contente qu'elle soit là, c'est une brise discrète, certes, mais bien présente, de renouveau. Notre groupe a pris son rythme mais elle va s'y faire. Quelques autres la jaugent un peu froidement... mais ils vont s'y faire.
Les personnalités se découvrent un peu plus et je doute que nous restions soudés longtemps. La journée se passe tranquillement mais quelques signes de tension apparaissent. A la sortie des cours, nous nous installons à l'extérieur, avec un jeu de société et des tasses brûlantes de tisane. L'idée était bonne mais l'ambiance beaucoup moins.
A Lost City aujourd'hui, rien d'incroyable si ce n'est les rapports humains. La Terre tourne et nous, comme tout le monde, nous continuons d'avancer.
10ème jour : la fatigue, c'est mauvais pour la santé
Je suis en mode veille. Très fatiguée. Et le groupe, par conséquent, commence à me taper sur le système. J'entends les personnes, autour de moi, qui crient leur douleur : "Aide-moi ! Regarde-moi ! Dis-moi que j'existe !". J'écoute. A l'image des sirène antiques qu'il ne fallait pas regarder, je me laisse séduire et je contemple ces blessures. En vérité, je m'en sers un peu : pour comprendre, ressentir, retranscrire. Mais une fois que l'on s'y plonge, comment en sortir ? Où puis-je trouver un casque avec le contrôle du volume ?
Ces appels répétés sont détournés, émis en biais. Passage obligé : en version Brut, nos souffrances, celles qui fermentent dans l'égout de nos tripes, nous éclabousseraient la figure, et celle des autres avec.
11ème jour : ici, c'est chez Gégé, pas chez Mémé
Ce matin, comme tous les matins, Sylvain comptait se préparer le p'tit déjeuner dans sa chambre. Mais il manque quelque chose : son four à micro-ondes. Il est rentré tard hier soir et il n'a pas vraiment fait attention. Il n'y a pas d'effraction et sa belle playstation est intacte. Il n'est plus vraiment serein, Sylvain. Lost City sortirait-elle les griffes ?
Soirée au foyer. Il fait froid, il n'y a pas de musique, l'ambiance est glauque mais c'est le seul endroit où on peut se réunir en-dehors des cours. On s'entête à essayer de réchauffer les lieux mais Lost City n'ouvrira pas ses bras. Alors tout le monde vient, vit et repart comme un étranger. Nous avons tous l'impression d'être les malvenus, les intrus, les brigands. Ici, nous somme tous des Wanted.

12ème jour : gastronomie et décoration
Ca sent le saucisson à l'ail dans mon couloir. Fallait que j'en parle.
Sinon, en arrivant aux toilettes, à midi :

Maintenant que j'ai pris de la bouteille, je sais ce qu'il faut faire. Je lève la tête :

Je crois que l'architecte, dans les années 70, a mis en place une technologie révolutionnaire : le toit ouvrant à grande échelle, pré-programmé à long terme, avec ouverture façon lépreux...
13ème jour : où est la sortie ?Je n'ai qu'une seule envie, qu'un seul espoir : me barrer en week-end. Mais pour aller où ? Un grand homme m'a dit un jour : "Il faut savoir résister à la maladie des autres". Résister oui, mais comment ?
Et bien voilà, c'est tout pour cette semaine. Si vous pensez que le plafond va encore se petit-suicider sur le carrelage des toilettes, tapez 1. Si vous souhaitez intégrer l'aventure "Survivor", tapez 2. Sinon, Natou va-t-elle revenir en troisième semaine avec la pêche et la papaye ? Si le frappeur de tuyaux court toujours, qu'en-est-il du voleur de four qui renie les consoles de jeu ? Et surtout, surtout, y aura-t-il, bordel, du hachis-parmentier à la cantine ? Toutes les réponses à ces questions insoutenables dans le prochain épisode de
LOST CITY
(la cité perdue de la peur qui est vraiment perdue et qui fait vraiment un peu peur)
NB qui n'a rien à voir avec tout le reste SAUF le pessimisme : j'étais très contente cette semaine de constater la victoire des démocrates aux Etats Unis. J'ai pensé que c'était un premier pas. Et puis j'ai regardé Lord of War. Un premier pas vers quoi ? Le monde ne changera pas d'une brindille. Nous sommes des humains. Rien de moins, mais rien de plus non plus. (1) : private joke dédicacée à Vanounette.